Conférence 12 Novembre 2015
Conférence 12 Novembre 2015
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 A tous les membres et amis de la DLO,

"La Diaspora Libanaise Overseas"- DLO a le plaisir de vous envoyer le communiqué de presse de la fameuse conférence du 12 novembre 2015.

 

                                                    Communiqué de presse

La DLO a clos son cycle de conférences de 2015 sur "L'Identité et la Culture Libanaises" avec brio.

Le jeudi 12 novembre s'est tenue la conférence sur la période moderne "1945-2015" à la Mairie du 15èm arrondissement de Paris. Un grand événement de très haut niveau et de grande qualité. Des sujets sensibles qui touchent le pays , une organisation parfaite grâce au comité événementiel et le comité des jeunes de la DLO.

En présence de 
- S.E.M Khalil Karam ambassadeur du Liban, délégué permanent auprès de l'UNESCO
- Madame Rola Noureddine 1ère conseiller représentait le chargé d'affaire du Liban
- Les Consuls, les conseillers, les personnalités Françaises et Libanaises et un excellent public de plus de 260 personnes avec surtout des jeunes assoiffés de l'histoire de leur pays.
La soirée débuta avec les l'Hymnes Nationaux Français et Libanais.

* 1 minute de silence et de recueillement pour les victimes de l'attentat d'hier de Bourj el Barajneh.
* Monsieur Philippe Goujon Député- Maire du 15è, vice Président du groupe France-Liban à l'assemblée Nationale, prend la parole pour souhaiter la bienvenue au public, réaffirmant la solidarité de la France, sa désolation pour les problèmes qui secoue le pays du cèdre, pays qu'il porte dans son coeur. Il réaffirme l'amitié vivace Franco-Libanaise, le dynamisme de la communauté libanaise, un atout majeur à la vie de "notre" capitale.
* Kareen Nohra responsable culturelle de la DLO prend la parole pour souhaiter la bienvenue aux officiels, les associations amies, les représentants des partis et tous les amis. 
Elle présente le programme ambitieux de la DLO pour l'année 2016 avec 6 nouvelles conférences: L'expansion des libanais dans le monde et le rôle de la Diaspora dans la reconstruction du pays- le Patrimoine naturel- le Patrimoine matériel et immatériel- la créativité des libanais- économie et finances, la place du Liban dans le Moyen-Orient de demain- la politique" bilan et avenir". 
La création du réseau professionnel et son annuaire avec un nouveau site dédié, des rencontres autour de l'art culinaire et viticole, des after class pour les jeunes etc...

Monsieur Elias Masboungi journaliste à l'Orient Le jour et modérateur de la soirée présente les intervenants:
- Naoum Abi-Rached Président de la Diaspora Libanaise Overseas.
- Carol saba avocat au Barreau de Paris.
-Karim Bitar expert en relation internationale et grand conférencier.

Naoum Abi-Rached prend la parole et annonce la bonne nouvelle du jour:
L'élection du Liban comme membre du conseil exécutif de l'UNESCO par 131 voix sur 180 votants, grâce au dynamisme de notre ambassadeur.

Il débute par: " La religion ne doit pas être un instrument de conquête politique mais uniquement un enrichissement culturel".
Pour bâtir un Etat, il faut que les citoyens s'accordent sur leur identité en transformant un territoire émietté avec 18 communautés en une nation voulue.
Il faut donc renforcer l'esprit de solidarité avec un patriotisme indéfectible , créant ainsi la 
Citoyenneté et la Libanité.
Il relate l'histoire du Liban depuis 1945 à ce jour avec brio, en parlant des problèmes de la région, des problèmes internes suite à la rivalité implacable entre féodalités, confessions et chefs de clans.
Unité nationale fragile, manque de cohésion nationale, dépendance envers les pays de la région ou occidentaux, l'absence de consensus, le clientélisme...
Tout cela nous a amener à la destruction des institutions, à la souffrance du peuple pendant de nombreuses années.
Il explique les points positifs de la constitution avec la séparation des pouvoirs, la suppression du confessionnalisme etc... 
en se demandant pourquoi la constitution n'a pas été bien appliquée?
Il passe vite aux problèmes de la région avec :
- 1948: guerre arabo/Israël. Premier flux de réfugiés palestiniens. 
- 1952: l'arrivée de Gamal Abdel Nasser, le réveil du nationalisme arabe.
- 1958 insurrection entre partisans et opposants à la république arabe unie.
- La Présidence de Fouad Chéhab .
- 1961: tentative de coup d'Etat.
- 1967: la guerre des 6 jours, effondrement des espoirs du panarabisme.
- 1968: Destruction de 13 avions sur le tarmac de l'aéroport par les israéliens. 
-1969: Tensions entre l'armée et les palestiniens- Signature le 3 novembre de l'Accord du Caire, qui porta atteinte à la souveraineté du territoire, Extraterritorialité des camps palestiniens créant ainsi un Etat dans l'Etat.
Le Liban pays arabe qui supporte seul les déboires du conflit israélo /palestinien. 
-1970 septembre noir, flux de réfugiés palestiniens chassés par le Roi Hussein. 
-1972/73 conflit entre l'armée et les palestiniens...Accord de Melkart- 
guerre du Liban : qui débute le 13 avril 1975, avec de féroces combats de rue, embuscades, massacre de civils.
-1976: intervention de la Syrie, combats entre l'armée syrienne et les milices. intervention/invasion israélienne pour s'emparer du Litani- la résolution 425
-1981: la guerre de Zahlé, de Damour etc ..
-1982: Invasion israélienne ( paix en Galilée) blocus de Beyrouth- accord américain: une grande partie des forces palestiniennes quitte le Liban sur des navires français.
*Election de Bachir Gemayel comme Président. Son assassinat le 14 septembre 1982.
*Début du mandat d'Amine Gemayel, une Présidence fragile.
-Combats de Tripoli, suivi d'un cessez le feu
- La guerre de la montagne suivie d'un cessez le feu.
- La renaissance Chiite, la guerre des camps, la guerre inter chiite...
- 1988: Amine Gemayel demande au Général Aoun de tenir un gouvernement militaire d'intérim. ( 2 Présidents du conseil, avec Sélim El Hoss).
- 1989: La guerre interchrétienne, l'épisode le plus tragique. Combats fratricides, destructions de villages et de quartiers, affaiblissement du camp chrétien.
- 1989 : Accords de Taef signé le 5 novembre.
- La guerre de libération, suite à un marché entre Georges Bush et Hafez el Assad, l'aviation syrienne se déchaine dans le ciel libanais le 13 octobre 1990...PROTECTORAT SYRIEN.
L'économie de guerre: pillages des banques, du port, la contrebande, les rackets, le trafic de drogues, la prise d'otage, le financement étranger.
Les assassinats de Bachir Gemayel, Tony Frangié, Dany Chamoun, René Mouawad, Kamal Joumblat et plein d'autres ... 
- 1990-2005: Lente reconstruction du Liban sous la tutelle Syrienne, du centre ville(10 milliards $ et plus), Solidère - La dette publique s'accroit- Affairisme, confusion entre intérêt personnel et public- Un point positif avec la stabilisation de la monnaie..
- 2005 assassinat de Rafic Hariri- révolution du Cèdre et départ des troupes syriennes.
- 2006 la guerre entre le Hezbollah et Israël qui détruit les infrastructures du pays.
- 2007 juillet-août accrochage entre l'armée et fateh al Islam à Nahr el Bared.
- 2008 en mai, affrontement Hezbollah avec les forces gouvernementales pour le contrôle de l'aéroport. Accord de Doha.
Une nouvelle période de reconstruction avec le renforcement du système féodal, du système de clans - la corruption- la clientélisme...
- Le problème de la dette libanaise et le système bancaire fragile.
- Les députés prorogent leurs mandats 2 fois- un Parlement , une figurine- un gouvernement bloqué, Pas de Président ...mais la vie et les disputes continuent?
-2012: Guerre de Syrie et l'arrivée de réfugiés syriens n'étant pas dans des camps comme en Turquie et en Jordanie, ils n'ont pas de statuts de réfugiés;
On compte aujourd'hui 1.880.000, avec plus de 30.000 naissance par mois. 
Qu'à-t-on appris avec les 250.000 morts, ces martyrs sont morts pourquoi?
Comment reconstruire le Liban de demain, quel est le rôle de la société civile et de la Diaspora.
Naoum Lance un appel à la solidarité inter libanaise :C'est en tablant sur la Citoyenneté, la séparation de l'Etat et des confessions, l'acceptation du devoir de vivre ensemble que nous réussirons à reconstruire un pays autonome et démocrate C'est notre devoir envers les générations futures.

Dans une magistrale intervention intitulée "Un passé riche d’avenir", Maître Carol SABA est revenu sur les leçons saillantes à tirer des trois descentes aux enfers des gouvernances politiques qui se sont succédées au Liban depuis l’indépendance et ce, avant d'évoquer les raisons essentielles et circonstancielles qui fondent aujourd'hui l'espérance d'un renouvellement du paradigme libanais.

Sa rétrospective historique depuis l'époque du Grand Prince FAKHREDINE II MAAN (1590-1635), en passant par les systèmes des 2 Caïmacamiya et de la Moutassarifiya (gouvernorat du Mont Liban, du protocole de 1860 garanti par les puissances européennes) jusqu'à l'indépendance en 1943, a su démontrer, exemple à l'appui, l'existence d'une conscience nationale libanaise "en gestation" qui marque d'une manière certaine le rapprochement entre les libanais et, selon les périodes, une adhésion progressive à l'idée d'un Liban souverain et indépendant, tout autant en interaction positive avec son entourage. 
Maître SABA n'a pas manqué de pointer les responsabilités libanaises, en premier celles des chrétiens, dans la déconstruction du paradigme libanais et dans la mise en place d'un pouvoir politique qui, au lieu de renforcer la "valeur nationale" à la place de la "valeur confessionnelle" sans la neutraliser, a au contraire, confessionnalisé à outrance le système politique libanais remettant en cause des décennies de rapprochement entre les libanais. Seule exception à ce tableau fut l'expérience du président Général Fouad CHEHAB, tentative de construction d'un Etat civil pour remplacer l'Etat confessionnel, et de renforcement de la société civile en remplacement de la société confessionnelle, tentative qui a été décortiquée par Maître SABA dans ses éléments positifs et négatifs. "Arrêtons de faire porter le chapeau à l’étranger ou au « complot » ! C’est là un premier chemin de guérison nationale !", a t'il déclaré à l'attention des libanais avant de procéder, à travers une analyse géopolitique du moment actuel des relations internationales, des évolutions au Moyen Orient et au Liban, à une lecture prospective mettant en relief les éléments internes et conjoncturels qui favorisent le renouvellement du pacte national libanais.

Karim Bitar avec son talent enchante le public.

"Le système libanais est véritablement à bout de souffle, les institutions ont atteint un état de déliquescence sans précédent. C'est un pays où la révolution est impossible et où toutes les réformes sont torpillées par une classe politique rétive à tout changement. La société civile libanaise fait preuve d'une remarquable résilience mais il ne faut pas non plus sous-estimer la résilience de l'establishment politique traditionnel. Les leaders libanais sont peut-être incompétents et incapables de régler les problèmes concrets des citoyens, mais ils font preuve d'une grande ingéniosité quant il s'agit de perpétuer leur pouvoir, de protéger leurs intérêts et leur part du gâteau. 
Comme souvent à travers l'histoire, les angoisses existentielles des communautés libanaises les amènent à se chercher des protecteurs en dehors des frontières. Se crée alors un phénomène de "clientelisation des communautés" et une projection des conflits externes sur une situation interne propice à les accepter. Face à la guerre par procuration que se livrent les puissances régionales et notamment l'Iran et l'Arabie saoudite, le Liban ne dispose pas de la moindre immunité.
Les rivalités géopolitiques ne doivent pas faire oublier les multiples problèmes économiques et sociaux. Le Liban n'a jamais réussi à construire un État suffisamment solide pour tenir tête aux intérêts privés et catégoriels, et pour protéger les Libanais des interférences extérieures. L'accroissement de la pauvreté et des inégalités, les déséquilibres au niveau de l'aménagement du territoire font que le terreau sur lequel peuvent prospérer les extrémismes demeure très fertile. 
Face à tous ces périls, la diaspora doit mettre tous ses moyens à la disposition de la jeunesse libanaise pour aider les nouvelles générations à construire des institutions solides et pérennes. Il ne faut plus attendre un "sauveur" ou un "homme providentiel", mais travailler patiemment à l'édification d'un État, qui demeure la seule et unique garantie pour tous les Libanais, quelle que soit leur appartenance communautaire

Elias Masboungi prend le micro et commence avec les questions/réponses. Un public de qualité avec beaucoup de jeunes qui veulent apprendre l'histoire du pays. 
Une atmosphère amicale, des questions pertinentes sur l'avenir du pays.

La soirée continue avec un cocktail de qualité , la nourriture a été offerte par Noura et le vin par les châteaux Kefraya.

Une belle ambiance , une belle convivialité jusqu'au son de cloche à 22h30.